Antécédents

Águila de Bonelli en vuelo

 

Depuis une trentaine d’années des actions ont été menées à bien pour la protection légale de l’espèce, la protection et la gestion des espaces naturels et pour l’application des directives européennes Oiseaux et Habitats, qui ont permis une amélioration du statut de l’espèce. Celles qui ont eu un impact le plus radical sur les rapaces sont : la protection légale des rapaces dans les années 70’, la transposition des Directives Européennes Oiseaux et habitats, et les Décrets sur la modification des lignes électriques.

 

Cependant, depuis 2005 (date à laquelle une plus grande homogénéité a été acquise dans les recensements d’Aigles de Bonelli, permettant d’établir une comparaison dans son évolution) on a pu observer l’existence d’un déclin dans la population de cette espèce. Ces recensements font apparaître clairement que dans les zones périphériques de distribution de l’espèce s’est produit une diminution voire des extinctions localement. Ce sont des signaux sans équivoque d’ « alertes précoces », qui doivent être pris en compte pour les espèces vulnérables et entraîner des prises de décisions, faute de quoi on se retrouverait avec une espèce menacée d’extinction au niveau national (ainsi qu’elle est cataloguée dans certaines CCAA [Communautés Autonomes] ) et par la suite nous aurions à faire face à un problème plus grave, qui consommerait d’avantage de ressources économiques et dont la solution s’étendrait sur plusieurs dizaines d’années.

Dans le dernier recensement de 2006 on estimait qu’environ 45% de la population espagnole se situait en Andalousie. En Andalousie même, où la population est la plus importante et comprend environ 350 couples, des diminutions importantes se sont produites dans certaines zones, notamment dans la province de Jaén.

Le déclin de l’espèce a conduit à la création d’un Groupe de Travail au sein du Comité Faune et Flore de la Commission Nationale de la Protection de la Nature, et à l’élaboration d’une proposition de Stratégie Nationale de conservation de l’espèce.

Dans le cas particulier de l’Aigle de Bonelli (Hieraaetus fasciatus), huit projets LIFE ont été exécutés dans des régions espagnoles, et un autre est en cours d’exécution au Portugal. Dans tous ces projets ont été réalisées des actions visant à une diminution des  dérangements et des causes de mortalité (correction de lignes électriques, surveillance des nids, augmentation du nombre d’espèces proies, campagnes de communication, etc.).

Cependant, tous ces projets ont été concentrés sur une seule Province, aucun n’a été réparti entre plusieurs régions espagnoles, ni sur plusieurs pays (contrairement à ce dernier LIFE BONELLI). L’analyse démographique a été abordée sur la base de la productivité et de la mortalité dans chaque population, sans accorder la même importance aux taux d’immigration, d’émigration, aux régions puits et aux régions sources. Cet aspect a limité la vision des problèmes auxquels se trouvent confrontée la population ibérique, en l’abordant selon une perspective locale et non pas sous l’angle d’une métapopulation.

 

Visite de techniciens de la Communauté Foral de Navarre au lâché de l’Aigle de Bonelli dans la région de Madrid.

 

Les efforts menés à bien dans les zones impliquées sont :

Navarre :

Depuis 1996 et dans le cadre du Plan de Restauration de l’espèce, ainsi que par le biais de l’élaboration de Programmes d’action annuels, un suivi exhaustif a été mené à bien, comprenant un contrôle de la population tant reproductrice que non reproductrice, ainsi qu’ un suivi de la reproduction des couples fixés ; ce qui a permis de connaître avec précision l’écologie et l’évolution de la population régionale, et d’établir des mesures de corrections

Cet effort s’est intensifié entre 1997 et 2000 grâce au développement du Projet LIFE (LIFE96NAT/E/3114) qui s’est traduit fondamentalement par des Mesures de communication  et de sensibilisation, une surveillance des sites de nidification pour éviter les dérangements causés par l’homme, une correction des lignes électriques sur le reste du territoire afin de réduire le risque encouru par la population non-nicheuse, une régulation des activités de chasse et un contrôle des activités susceptibles d’affecter les sites de nidification, un marquage des poussins et un suivi radio-télémétrique d’individus afin de déterminer l’usage qu’ils font de l’espace, l’évaluation de l’impact environnemental et des infrastructures…

En 2000 une expérience a été réalisée consistant en un débroussaillage de terrains de cultures abandonnées, dans le but d’augmenter la diversité, évitant ainsi l’homogénéisation de la végétation basse et favorisant la présence d’espèces proies.

Conscients du fait que l’électrocution et la percussion sur des lignes électriques est une des principales causes de mortalité, entre 1992 et 2012, un total de 4.536 pylônes répartis sur 1.387 Km de lignes du réseau de distribution a été corrigé, 861 « embrasures » [espace entre les poteaux] et 167 Km de lignes de transport électrique et de distribution ont été balisées, avec un investissement total de 3.983.474 €.

Malgré l’incidence positive sur les principales causes de mortalité non naturelles et malgré la protection des zones de nidification avec leur inclusion dans le Réseau Natura 2000, l’effort réalisé n’a pas été suffisant pour inverser la tendance démographique négative de l’espèce

 

Beragu, Aigle de Bonelli libéré en Navarre en 2012

 

Madrid :

Dans la province de Madrid, un effort important a été réalisé sur la protection contre le risque d’électrocution. Etant donné l’ancienneté de certaines de ces mesures, leur rénovation serait nécessaire, certaines de ces modifications étant plus efficaces. Bien qu’il n’existe pas de Plan de Restauration formel, une étude de viabilité a été réalisée, mentionnant des actions permettant d’améliorer la situation de la population, et une seconde étude de viabilité pour le renforcement est projetée..

Parallèlement à cette étude, un programme d’élevage en captivité a été mis en place dans les installations du GREFA, et un travail a été mené sur la préparation de protocoles de renforcement de population et de réintroduction. Actuellement dans les installations du GREFA il-y-a 9 couples et quelques individus non encore appariés. A la date d’aujourd’hui, 14 poussins ont été produits.

 

Agents forestiers de la Communauté de Madrid et des membres du GREFA pendant la libération de deux poussins d’Aigles de Bonelli.

 

Baleares :

Au Baléares, des actions de sensibilisation sont menées depuis 20 ans, accompagnées de mesures disciplinaires dans le but d’éliminer la persécution systématique des rapaces par le tir et le piégeage.

En 2007 le Gouvernement des Baléares a pris la décision de démarrer un processus de réintroduction à Majorque, et en 2008 une étude de viabilité a été élaborée, ainsi qu’un plan de réintroduction, publié dans le Bulletin Officiel des Iles Baléares en août 2009. La phase expérimentale a commencé par l’élaboration de  protocoles de libération, une étude de l’habitat disponible, une prévision de l’évolution démographique, la préparation des premières installations pour la libération des oiseaux, les premiers lâchers expérimentaux et des travaux de divulgation.

Elle se poursuit avec la modification des lignes électriques, par le biais d’une convention de collaboration avec ENDESA. Depuis les années 1990, plus de 2.000 éléments électriques dangereux ont été corrigés.

 

Ernesto et Tomeu libérant deux poussins d’Aigles de Bonelli à Majorque

 

Álava :

Il existe un « Plan d’Action pour la Restauration de la Population d’Aigle de Bonelli en Alava » au sein duquel s’est déroulé le Projet LIFE (LIFE00 NAT/E/7336). C’est dans ce cadre que des actions ont été réalisées (2001-2004), dans les buts suivants :

  • Protection des territoires d’élevage et de nidification.
  • Modification des lignes électriques dangereuses, établissement d’accords avec les compagnies électriques.
  • Surveillance des zones de nidification et interventions pour limiter les dérangements afin de prévenir les échecs reproducteurs.
  • Mesure de la période de reproduction et sa productivité, les causes des échecs reproducteurs, les taux de mortalité chez les adultes et leurs causes.
  • Augmenter les populations d’espèces-proies par le biais d’un aménagement de l’habitat et la régulation de la chasse.
  • Développer des campagnes de communication auprès de différents secteurs.

 

Ces améliorations ont contribué à maintenir l’unique couple nicheur, en éliminant la plupart des menaces pesant sur l’espèce.

 

Andalucía :

Pour la première fois, en 2005, un effort réel a été mené, à la fois coordonné et uniformisé pour réaliser un recensement global de la population d’Aigles de Bonelli en Andalousie. 321 à 327 couples nicheurs ont été recensés, pratiquement la moitié de la population espagnole. 52,4% des couples se trouvent dans des  zones Natura 2000. Depuis février 2004, le  « Programme d’actions pour la Conservation de l’Aigle de Bonelli en Andalousie », est développé avec pour objectif  l’accroissement des probabilités de persistance à long terme du noyau Andalous.

 

Deux jeunes Aigles de Bonelli cédés par la Junta de Andalucia.

 

Réseau Bonelli 2010-2012

Parallèlement aux actions de conservation, des expériences pilotes de remise en liberté d’individus (années 2010-2012) dans des aires comprises dans le projet ont été réalisées pour déterminer les potentialités de lâcher et adapter la méthodologie du hacking et de la cage d’acclimatation aux spécificités de l’espèce.

Les premières expériences ont été réalisées à Madrid avec la libération en 2010 de 2 poussins selon la méthode du hacking, l’un d’entre eux venant régulièrement visiter la zone de lâcher. En 2011 ce sont 4 poussins qui ont été libérés (dont 2 provenaient d’élevage en captivité), parmi lesquels 2 sont morts électrocutés et les autres évoluent sur le même territoire après une phase de dispersion. En 2012, 3 poussins ont été capturés par un renard, tandis qu’un jeune libéré à un âge plus avancé (après un séjour dans une cage) a pu s’envoler.

En Navarre 2 individus ont été relâchés en 2011 et en 2012 sans enregistrer aucun échec. Bien que les individus de 2011 aient perdu leur émetteur, au moins l’un d’entre eux a été observé dans la zone de lâché. Les jeunes libérés en 2012 sont actuellement en phase de dispersion.

A Majorque, 4 jeunes ont été réintroduits selon la méthode du hacking en 2011 et 2 en 2012. De plus, une nouvelle méthode de libération d’oiseaux déjà volant a été expérimentée, avec le lâcher de deux immatures en 2011 après un séjour dans une cage d’acclimatation qui a servi pour libérer deux autres oiseaux en 2012. Deux poussins libérés en 2011 sont morts électrocutés sur un pylône qui a été aussitôt modifié. Etant données les caractéristiques de l’île, malgré le fait qu’il s’agisse de jeunes individus aucun d’entre eux ne s’est éloigné de l’île et l’on peut déjà observer des comportements territoriaux. Ces lâchers ont été un succès, tant au niveau de la libération des oiseaux proprement dite que dans leur adaptation à leur nouvel habitat insulaire.

En guise de conclusion à propos de ces premières réintroductions, la méthodologie la plus appropriée a pu être définie pour chaque classe d’âge des individus à libérer, et rien ne laisse supposer que la mortalité des individus réintroduits soit supérieure à celle des populations naturelles et elle semble même être inférieure.

 

Liberación de águilas de bonelli en Navarra. Prensa

 

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